(2019) Foire aux questions sur l’immersion française
- Les compétences en anglais des élèves sont-elles affectées par les programmes d’immersion française?
- Le français est-il plus difficile à apprendre que l’anglais?
- Quel est le pourcentage optimal d’exposition au français à chaque niveau scolaire dans un programme d’immersion?
- Quelles matières devraient être offertes en français ou en anglais en immersion française ? Ces matières devraient-elles continuer à être enseignées dans la même langue tout au long du primaire et du secondaire?
- Est-ce le programme d’immersion précoce ou tardive qui produit les meilleurs résultats en ce qui concerne la compétence en français et les résultats scolaires?
- Qu’est-ce qui est préférable : enseigner une journée complète en français suivie d’une journée complète en anglais ou une demi-journée en français suivie d’une demi-journée en anglais?
- Les élèves devraient-ils apprendre à parler français à un niveau fonctionnel avant qu’on leur apprenne à lire et à écrire en français dans les programmes d’immersion française?
- La langue écrite devrait-elle être enseignée simultanément en anglais et en français en immersion française?
- Dans le contexte d’un programme d’immersion totale précoce, l’enseignant devrait-il répéter les consignes en anglais durant les premières semaines, voire les premiers mois?
- Qu’en est-il du « translanguaging » ? Est-ce une stratégie utile en immersion française?
- Si notre école a un indice de défavorisation élevé, l’immersion en français est-elle tout de même appropriée?
- L’immersion française convient-elle aux élèves en difficulté?
- Si la plupart des élèves d’une école ont le français comme langue maternelle, l’immersion en français leur convient-elle?
- Si un élève a des difficultés dans une matière enseignée en français, doit-on lui enseigner cette matière en anglais?
- Est-ce que les parents ont raison de transférer leur enfant vers un programme régulier enseigné uniquement en anglais afin d’améliorer son rendement scolaire avant son entrée au secondaire ou au CÉGEP ?
Selon les chercheurs, on peut qualifier d’immersion un programme durant lequel au moins 50% de l’enseignement est effectué dans la langue seconde et ce, pendant au moins un an. Les données factuelles issues de la recherche que nous citons ci-dessous se rapportent à ce type de programme. Les programmes offrant un temps d’exposition à la langue seconde inférieur à 50% correspondent plutôt à un enseignement enrichi en langue seconde. Dans ce document, nous fournissons de brèves réponses aux questions les plus fréquemment posées à propos de l’immersion. Nos réponses s’appuient principalement, mais non exclusivement, sur des études menées en immersion française
au Québec.
1- Les compétences en anglais des élèves sont-elles affectées par les programmes d’immersion française?
Non, l’immersion français n’affecte pas les compétences linguistiques de l’élève en anglais.
Les recherches démontrent que les élèves des programmes d’immersion atteignent les mêmes niveaux de compétence en anglais que les élèves scolarisés uniquement en anglais. Cela a été constaté pour la lecture, l’écriture, la production orale et l’écoute. Parfois, si on les compare aux élèves inscrits dans un programme dispensé uniquement en anglais, les élèves issus des programmes d’immersion totale en français obtiennent de moins bons résultats en anglais durant les années où les cours sont donnés uniquement en français. Toutefois, ces différences disparaissent généralement après une année d’enseignement en anglais.
Les élèves en immersion rattrapent habituellement rapidement leurs pairs dont la langue d’enseignement est l’anglais parce que :
- Les compétences acquises lors de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture du français sont transférables à l’anglais.
- Ils peuvent avoir une certaine expérience de la lecture et de l’écriture en anglais à la maison.
- Les enfants apprennent à lire et à écrire une seule fois. Par la suite, avec le soutien de leurs enseignants, ils peuvent comprendre comment lire et écrire dans une autre langue.
Il est utile pour les enseignants d’immersion d’évaluer le niveau de littératie de leurs élèves en anglais, au tout début du programme d’immersion, afin de pouvoir individualiser l’enseignement. Les élèves qui ont déjà acquis les habiletés de base en lecture et en écriture en anglais n’auront pas besoin de réapprendre ces habiletés en français.
2- Le français est-il plus difficile à apprendre que l’anglais?
Non, le français n’est pas plus difficile à apprendre que l’anglais.
En fait, il y a des raisons de croire que l’anglais est plus difficile à apprendre que le français, surtout lorsqu’il s’agit de la lecture et de l’écriture. Il y a plusieurs irrégularités dans l’orthographe et la grammaire anglaise, ce qui rend la lecture de l’anglais particulièrement difficile. Cependant, pour de jeunes élèves, il y a peu de différences entre l’apprentissage de l’anglais oral et du français oral. Chaque langue comporte des aspects relativement faciles et d’autres plus difficiles.
Il est utile pour les enseignants de comprendre les similitudes et les différences entre les formes écrites et orales de l’anglais et du français. Lorsque les enseignants comprennent ces aspects, ils peuvent d’abord enseigner les similitudes entre ces langues et ensuite se concentrer sur leurs différences. Par exemple, quand il s’agit d’enseigner les sons des lettres, il y a des lettres en anglais et en français qui ont pratiquement les mêmes sons, alors que d’autres sons sont très différents. Certaines règles grammaticales sont les mêmes dans les deux langues (par exemple, l’ordre général des mots – sujet, verbe, complément), alors que d’autres règles sont très différentes (le placement des pronoms d’objets directs et indirects – I like them versus Je les aime). Lorsque les enseignants connaissent ces similitudes et ces différences, ils peuvent planifier l’enseignement en conséquence tout en enseignant aux élèves comment les identifier. Ce type de connaissance métalinguistique est utile quand il s’agit de la lecture et l’écriture.
3- Quel est le pourcentage optimal d’exposition au français à chaque niveau scolaire dans un programme d’immersion?
Le plus tôt, le mieux. Le plus, le mieux.
C’est probablement une bonne idée d’exposer les élèves en immersion à l’enseignement du français dans toutes les matières principales afin de les familiariser avec l’utilisation du français dans divers domaines. Cela est particulièrement important au Québec où les élèves seront appelés à utiliser le français dans diverses situations.
Il est également conseillé d’enseigner une matière en français pendant plus d’une année pour que les élèves puissent renforcer leurs connaissances du français dans ce domaine académique.
Les enseignants d’immersion doivent systématiquement chercher à développer les compétences linguistiques pratiques des élèves, et ce quelle que soit la matière enseignée en français. Pour ce faire, les plans d’unités et de leçons pour l’enseignement de matières académiques doivent toujours inclure des objectifs linguistiques pratiques ainsi que des objectifs linguistiques académiques. En outre, les enseignants en immersion doivent planifier des activités qui renforcent les nouvelles compétences linguistiques et qui donnent aux élèves de nombreuses occasions de mettre en pratique de nouvelles compétences. Ne laissez pas l’apprentissage des langues au hasard : intégrez l’apprentissage des langues à l’apprentissage des autres matières.
4- Quelles matières devraient être offertes en français ou en anglais en immersion française? Ces matières devraient-elles continuer à être enseignées dans la même langue tout au long du primaire et du secondaire?
Aucune étude indique qu’il est préférable d’enseigner certaines matières en français.
C’est probablement une bonne idée d’exposer les élèves en immersion à l’enseignement du français dans toutes les matières principales afin de les familiariser avec l’utilisation du français dans divers domaines. Cela est particulièrement important au Québec où les élèves seront appelés à utiliser le français dans diverses situations.
Il est également conseillé d’enseigner une matière en français pendant plus d’une année pour que les élèves puissent renforcer leurs connaissances du français dans ce domaine académique.
Les enseignants d’immersion doivent systématiquement chercher à développer les compétences linguistiques pratiques des élèves, et ce quelle que soit la matière enseignée en français. Pour ce faire, les plans d’unités et de leçons pour l’enseignement de matières académiques doivent toujours inclure des objectifs linguistiques pratiques ainsi que des objectifs linguistiques académiques. En outre, les enseignants en immersion doivent planifier des activités qui renforcent les nouvelles compétences linguistiques et qui donnent aux élèves de nombreuses occasions de mettre en pratique de nouvelles compétences. Ne laissez pas l’apprentissage des langues au hasard : intégrez l’apprentissage des langues à l’apprentissage des autres matières.
5- Est-ce le programme d’immersion précoce ou tardive qui produit les meilleurs résultats en ce qui concerne la compétence en français et les résultats scolaires?
L’immersion totale précoce entraîne généralement des niveaux plus élevés de maîtrise du français.
Dans les programmes d’immersion précoce, le français est utilisé pour l’enseignement des matières académiques, et ce dès la maternelle. En immersion tardive, le français est utilisé pour enseigner des matières académiques à partir de la première secondaire (12-13 ans) – et peut, dans certains cas, aussi inclure la 2ème année du secondaire (13-14 ans). Les élèves qui s’inscrivent en immersion tardive suivent généralement des cours de français langue seconde depuis la maternelle et, donc, ils possèdent une certaine connaissance du français au début de leur immersion, en première année du secondaire.
En général, les élèves réussissent tout aussi bien dans les programmes d’immersion précoce que dans les programmes d’immersion tardive en ce qui concerne le développement de la langue anglaise et les résultats scolaires et même, dans certains cas, en français. Cependant, l’immersion précoce semble être meilleure pour les élèves en dessous de la moyenne, particulièrement en ce qui a trait au français parlé et à la compréhension. Donc, l’immersion totale précoce entraîne probablement une maîtrise accrue du français et offre l’avantage supplémentaire de permettre aux jeunes élèves d’avoir plus d’occasions d’utiliser et d’apprendre le français en dehors de l’école.
6- Qu’est-ce qui est préférable : enseigner une journée complète en français suivie d’une journée complète en anglais ou une demi-journée en français suivie d’une demi-journée en anglais?
Aucune étude ne s’est penchée sur cette question.
Cependant, lorsqu’il s’agit d’apprendre une langue supplémentaire, les meilleures pratiques sont celles qui permettent d’éviter les longues interruptions. Les élèves peuvent oublier ce qu’ils ont appris s’ils n’utilisent pas le français tous les jours. Par conséquent, une exposition quotidienne (½ journée en français; ½ journée en anglais) est préférable.
7- Les élèves devraient-ils apprendre à parler français à un niveau fonctionnel avant qu’on leur apprenne à lire et à écrire en français dans les programmes d’immersion française?
Non, les élèves ne doivent pas posséder une compétence fonctionnelle en français oral avant d’apprendre à lire et à écrire en français.
Les élèves peuvent commencer à acquérir des compétences fondamentales et fonctionnelles en lecture et en écriture en même temps qu’ils apprennent à parler et à comprendre la langue. Cependant, jusqu’à ce qu’ils aient développé une capacité d’écoute et d’expression orale adéquate en français, ils auront besoin d’aide pour comprendre ce qu’ils lisent et pour exprimer des idées en français écrit.
Voici quelques exemples d’enseignement simultané du langage oral et des techniques de décodage fondamental pouvant aider les élèves débutants :
- Enseignez aux élèves les sons des lettres en français et les noms d’objets familiers et inconnus, mais aussi les actions et les qualificatifs (grand, petit),
- Fournir des images d’objets avec la même lettre initiale et enseigner les sons des lettres en insistant sur le son initial de ces noms d’objets,
- Inclure des tableaux de mots avec des formes de vocabulaire écrit auxquelles vous vous référez lorsque vous utilisez de nouveaux mots avec les élèves,
- Demander aux élèves d’identifier la forme écrite de nouveaux mots au fur et à mesure que vous les utilisez et qu’ils les utilisent.
Voici différentes manières d’impliquer les élèves en immersion de niveau débutant dans l’apprentissage du langage écrit :
- Lire à voix haute de grands livres d’histoires est très motivant pour les élèves et cela leur enseigne comment la langue écrite est organisée : les espaces entre les mots, les points à la fin des phrases, les majuscules pour les premiers mots par rapport aux minuscules la plupart du temps, etc.
- Avec des questions soigneusement choisies, vous pouvez apprendre aux élèves à analyser le contenu de l’histoire ou à développer des stratégies pour comprendre de quoi l’histoire parle, même s’ils apprennent encore la langue.
- Utiliser de grands livres et poser des questions sur leur contenu suscite l’intérêt. Les questions à choix entre des options sont particulièrement utiles pour les lecteurs débutants, car ils peuvent simplement répéter une partie du langage modélisé dans la question. Par exemple : « Quel était l’animal préféré du garçon ? Une baleine ou une tortue ? » Les questions débutant par qui, quoi et quand sont également un moyen simple d’impliquer les élèves dans la lecture de livres d’histoires.
8- La langue écrite devrait-elle être enseignée simultanément en anglais et en français en immersion française?
La lecture et l’écriture peuvent être enseignées en français et en anglais simultanément ou séquentiellement avec la même efficacité.
La décision d’enseigner l’alphabétisation simultanément dans les deux langues dépendra du modèle d’immersion que vous choisissez. Si vous choisissez un programme d’immersion totale précoce, l’enseignement de la lecture et de l’écriture se fera uniquement en français pour les deux ou trois premières années. Si vous choisissez un programme d’immersion partielle, vous pourrez alors enseigner l’alphabétisation dans les deux langues. Il n’existe cependant aucun fait scientifique portant sur cette question qui soit fondé sur des recherches en immersion française. Néanmoins, des études menées, des études menées dans d’autres milieux d’immersion démontrent que l’enseignement simultané de la lecture dans deux langues différentes ne compromet pas le développement de l’alphabétisation. Au contraire, l’enseignement simultané de la lecture et de
l’écriture dans deux langues serait davantage bénéfique que l’alphabétisation séquentielle.
En cas d’alphabétisation simultanée dans les deux langues, les enseignants doivent éviter les particularités des deux langues qui sont difficiles ou déroutantes – par exemple, présenter des lettres identiques qui sonnent différemment (« e » français et « e » anglais) ou des lettres qui se ressemblent (b/d ou p/q), mais qui ont des sons différents. Quelle que soit l’approche choisie, tous les élèves peuvent en tirer parti lorsque les enseignants mettent en évidence les liens entre les langues.
9- Dans le contexte d’un programme d’immersion totale précoce, l’enseignant devrait-il répéter les consignes en anglais durant les premières semaines, voire les premiers mois?
Il n’est pas conseillé aux enseignants d’immersion française de répéter les consignes en anglais.
Lorsque les enseignants d’immersion répètent les consignes en anglais, ils réduisent la motivation des élèves à apprendre le français, car ces derniers savent qu’ils entendront la version anglaise s’ils attendent. Il est préférable d’utiliser des stratégies alternatives pour s’assurer que les élèves comprennent ce qui se dit en français. Par exemple :
- Démontrez visuellement ce que vous voulez que les élèves fassent,
- Utilisez la répétition ainsi que des éléments visuels pour illustrer ce que vous essayez de dire,
- Divisez les consignes en petites parties compréhensibles,
- Sachez identifier les élèves qui suivent correctement les instructions, mais aussi les élèves qui
semblent plus confus.
Plus les enseignants utilisent le français, plus les élèves ont l’occasion d’apprendre le français.
10- Qu’en est-il du « translanguaging » ? Est-ce une stratégie utile en immersion française?
Parfois, mais cela doit être utilisé de façon stratégique.
Le translanguaging, ou l’utilisation des deux langues au cours de la même leçon, doit être utilisée de manière très limitée et uniquement lorsque vous avez un objectif pédagogique important et spécifique. Par exemple, pour enseigner :
- Les similitudes et les différences entre la grammaire anglaise et la grammaire française (par exemple, il y a typiquement deux mots de négation en français, mais un seul en anglais),
- Les similitudes et les différences entre les modèles orthographiques (par exemple, une activité similaire mettant en évidence les différentes fins de mot – delicious / délicieux),
- Les termes importants en anglais qu’ils ont déjà appris en français (par exemple, les termes liés à la structure narrative : le dénouement / climax, l’évènement déclencheur / precipitating event).
11- Si notre école a un indice de défavorisation élevé, l’immersion en français est-elle tout de même appropriée?
Oui, les élèves issus de milieux défavorisés peuvent réussir en immersion.
Des études ont démontré que les élèves issus de milieux défavorisés et qui sont dans un programme d’immersion peuvent réussir aussi bien que les élèves défavorisés qui étudient dans des programmes enseignés uniquement en anglais. Plus spécifiquement, des études suggèrent que les compétences en anglais et les résultats scolaires des élèves défavorisés inscrits dans un programme d’immersion sont aussi bons que ceux d’élèves similaires qui étudient dans des programmes en anglais. Parallèlement, ils développent des niveaux élevés de compétence fonctionnelle en français, ce qui est très bénéfique pour ces élèves, car cela leur permet d’accroître leurs qualifications pour de nombreux emplois au Québec, au Canada et même de façon plus globale.
12- L’immersion française convient-elle aux élèves en difficulté?
Oui, l’immersion convient à la plupart des élèves en difficulté.
Des études suggèrent que les élèves qui pourraient avoir des difficultés à l’école, et ce pour un certain nombre de raisons, réussissent aussi bien dans les programmes d’immersion que des élèves qui ont les mêmes difficultés et qui étudient dans des programmes dispensés en anglais. À Montréal, cela a été démontré pour les élèves issus de familles défavorisées, les élèves ayant des capacités académiques inférieures à la moyenne et les élèves ayant un trouble du langage (ou un trouble développemental du langage). Ces élèves ont des performances similaires à celles de leurs pairs qui ne sont pas dans un programme d’immersion, mais qui sont similaires au niveau académique et en termes de compétence en anglais – autant orale qu’écrite. Parallèlement, ils acquièrent des compétences fonctionnelles en français bien supérieures à celles des élèves en difficulté du programme régulier de français langue seconde. Des études menées aux États-Unis ont démontré des résultats similaires avec des élèves ayant divers troubles développementaux.
Que se passe-t-il si les services de soutien (ex. : enseignants ressources, orthophonie) ne sont pas disponibles en français dans mon école ? L’immersion française est-elle toujours appropriée?
Ça dépend.
Les élèves en difficulté ont besoin d’un soutien étendu et ciblé pour assurer leur réussite académique. Il est conseillé de fournir le soutien dans la langue la plus utile pour la communication de l’enfant à l’école sinon l’amélioration des performances n’aura aucun bénéfice académique. Si des services de soutien spécialisés ne sont pas disponibles en français, une partie de ce soutien peut alors être fournie par le biais d’un enseignement individualisé dispensé par des enseignants. Bien entendu, cela suppose que l’enseignant en immersion puisse identifier les besoins de chaque élève et lui fournir un enseignement qui réponde à ces besoins. Les types spécifiques de soutien supplémentaire dont les élèves en difficulté ont besoin dépendent des types de difficultés spécifiques qui les gênent (lecture, langage, aspects socio-émotionnels, par exemple) et de l’ampleur de leurs difficultés. Si les besoins d’un élève ne peuvent pas être satisfaits par l’enseignant d’immersion ou par un spécialiste de l’apprentissage de l’école, les parents devront alors envisager de faire appel à une aide extérieure s’ils souhaitent que leur enfant reste en immersion française. Ils pourront, au besoin, transférer leur enfant dans un programme en anglais si aucune aide n’est disponible à l’école pour
assurer un soutien approprié en français.
13- Si la plupart des élèves d’une école ont le français comme langue maternelle, l’immersion en français leur convient-elle?
Oui, l’immersion française peut convenir aux élèves francophones.
Pour s’assurer que les élèves francophones inscrits dans les programmes d’immersion destinés aux élèves anglophones atteignent le même niveau de compétence en français que les élèves des écoles francophones, les enseignants d’immersion devraient proposer des activités d’enrichissement en français. Pour maximiser les compétences en anglais des élèves francophones, les enseignants d’immersion doivent utiliser des stratégies appropriées, similaires à celles qu’ils utiliseraient pour enseigner le français aux élèves anglophones.
14- Si un élève a des difficultés dans une matière enseignée en français, doit-on lui enseigner cette matière en anglais?
Non, parce que les élèves en immersion qui ont des difficultés avec une matière scolaire enseignée en français risquent de présenter des difficultés dans cette matière même si cette dernière est enseignée en anglais.
Le passage à l’anglais n’aidera probablement pas un élève en difficulté. Étant donné que l’élève devra toujours apprendre une nouvelle langue académique spécifique à la matière (par exemple, un vocabulaire spécifique) en anglais, un changement de langue peut en réalité entraîner un retard supplémentaire. Certains élèves auront besoin de plus de soutien que les autres pour apprendre le langage nécessaire à la maîtrise de matières spécifiques. Il est important que les enseignants d’immersion personnalisent leur enseignement en fonction des forces et des besoins de chaque élève, de manière à améliorer l’apprentissage de tous leurs élèves.
15- Est-ce que les parents ont raison de transférer leur enfant vers un programme régulier enseigné uniquement en anglais afin d’améliorer son rendement scolaire avant son entrée au secondaire ou au CÉGEP ?
Aucune étude ne s’est penchée sur cette question.
Nous savons que les élèves du primaire, qui sont dans un programme d’immersion et dont les cours ont été enseignés en français, obtiennent des résultats aussi bons que les élèves de programmes dispensés uniquement en anglais. Il n’y a donc aucune raison de croire que les élèves en immersion ont besoin d’un coup de pouce pour rattraper leurs pairs. En fait, transférer des élèves en immersion française vers des programmes réguliers où le français est enseigné comme langue seconde pourrait retarder leur croissance en français et, ce faisant, réduire les avantages qu’ils avaient retirés de leur immersion française au primaire.

